Réflexions une l’école à réinventer

Une autre école est possible

mardi 23 février 2016, par patrick Cotrel

L’école en France est réputée pour aboutir à une sélection par l’échec à une échelle importante : 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification ni emploi. La réflexion sur le système scolaire français est donc très importante.


Dans son N° du 13 au 19 février, Télérama publie un article sur une expérience réalisée par une jeune institutrice, Céline Alvarez, (maintenant chercheuse en pédagogie) qui a appliqué pendant 3 ans des méthodes pédagogiques inspirées des travaux de Maria Montessori (psychiatre et pédagogue italienne). Menée dans une école populaire de Gennevilliers (Hauts de Seine) dans une classe unique rassemblant les 3 niveaux de maternelle, cette expérimentation a été suivie par une équipe de chercheurs en neurosciences cognitives de l’INSERM.
Manuela Piazza, membre de cette équipe, a travaillé avec Céline Alvarez à l’école Jean-Lurçat de Gennevilliers. Elle témoigne :
« Regarder des images d’un cerveau d’enfant, par nature plastique et flexible, changer en fonction du type de pédagogie qu’on applique est très impressionnant. La question du stress, en tant qu’inhibiteur des acquisitions, n’est plus à démontrer. Il faut maintenant en tenir compte, faire par exemple en sorte que l’erreur soit reconnue comme une étape indispensable de l’apprentissage.
La question de l’attention est un autre point à travailler en priorité : on n’avance pas si on continue de décider que ce jour-là, à cette heure-là, c’est telle chose qui sera apprise par tout le monde et rien d’autre. Prendre en compte les intérêts et le rythme de chacun n’est pas utopique, c’est une question de moyens et d’organisation.
Le troisième axe, majeur, est de créer des classes mixtes, à l’exemple de celle de Céline Alvarez à Gennevilliers. Faire participer les plus grands à l’enseignement des plus petits. On sait en effet qu’essayer de transmettre une connaissance constitue, en soi, un moment crucial de l’apprentissage.
« 
Et elle constate :
« Je me suis rendue plusieurs fois dans la classe de Céline Alvarez pour observer les enfants, faire des tests, comparer leurs performances cognitives par rapport à la moyenne de la population française, en termes de lecture et de calcul. Non seulement leurs résultats n’étaient pas inférieurs à la moyenne, comme on aurait pu s’y attendre -, la plupart de ces enfants étant d’origine immigrée, donc objectivement confrontés à davantage de difficultés – mais ils étaient supérieurs !« 
A quand d’autre expériences ???

Source : Le blog de Patrick Cotrel

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